Le p'tit coin de Tuco

12 janvier 2008

Une voix belle et sage à St Laurent

Aujourd'hui, j'ai passé un moment merveilleux à l'église St Laurent, avec une dame antillaise d'un âge respectable.

Elle m'a confié quelques conseils et des phrases juste et sage que je ne veux point oublier: "nos enfants ne sont pas nos enfants"..." le discours du père à la cérémonie de l'alliance...que ce soit le plus intelligent qui cède..."..."écrivez donc sur une feuille de papier, ça ira toujours mieux..."

Une heure d'historiettes colorées, contées de l'accent traînant de cette sage guadeloupéenne...Une heure à suivre des yeux ses belles esquisses, comme le sillage de l'eau semble suivre la pirogue qui glisse doucement entre les rochers du fleuve...

Elle s'est excusée d'avoir pris beaucoup de temps de ma journée. Au contraire : C'est moi qui veux la remercier d'avoir empli mon coeur et ma journée de soleil, en aussi peu de temps ! A moins que ce ne soit là le tour d'un autre habitant de St Laurent...

Merci madame, du fond du coeur !!

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29 décembre 2007

L'Ecrin vert - intérieurs

La salle de réception


La_salle_1
















La_salle_3
















Une salle est attenante à la salle de réception, côté baie vitrée. Une ouverture d'environ 3 m de large assure la communication entre les 2 salles. On pourrait imaginer d'y installer les enfants:


La_salle_2














La chambre d'invités qui se trouve au sommet du pigeonnier:

Chambre_pigeonnier















Un exemple de chambre d'invités plus classique (il y en a plusieurs sur ce modèle, chaque fois avec le coin cuisine et la salle de bain)


Autr_chambre















La chambre des mariés, au bas du pigeonnier.



Chambre_mari_s

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28 décembre 2007

L'Ecrin Vert à Lectoure

La cour intérieure, photo prise depuis le portail d'entrée avec vue sur le pigeonnier:

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La cour intérieure, photo prise depuis le pigeonnier:

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L'aile qui abrite les logements (chambre des mariés dans lepigeonnier) et la salle des fêtes (au 1er étage, avec les baies vitrées sur la gauche

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La façade opposée au lac, qui présente une terrasse où pourrait se tenir le vin d'honneur

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Aperçu du bâtiment, vu depuis le bord du lac:

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16 août 2007

Le parfum de la terre mouillée...

A venir...les synesthésies merveilleuses de la bicyclette en pays de Lomagne...

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27 juillet 2007

Denneville beach !!

Escapade Normande ce week-end du 21/22 juillet, avec une dizaine de loustics tous ravis de quitter leurs cités bétonnées pour gagner l'air marin.

Il y avait on board: K de Nice; D de Nancy, L de St Etienne, C&C de StQuentin, W, C, H, D, A et moi-même...from Paris !

Destination: Denneville plage, où nous serons hébergés par the famous English lady, lady C herself !! Lady C n'est pas là ce week-end, elle vadrouille quelque-part en Afrique...alors pour éviter que la maison ne s'empoussière trop, ben nous nous invitons chez elle...on dit quoi...MERCI LADY C !!!

Pour bien débuter un week-end Normand, il faut se cogner la séance de bouchonnade répétée chaque vendredi soir au sortir de la capitale...alors nous n'y échappons pas. Mais bon, ce ne fut pas trop la misère cette fois-ci. A moins que ce ne soit l'engouement pour cette escapade à la plage qui nous ai fait voir la vie en rose...

Pour beaucoup de "capitaliens", la Normandie commence et s'arrête à Deauville...Deauville, Deauville, tout le monde descend !! Deauville dépassé...plus un raton sur la route...jusqu'à l'arrivée à Denneville plage...il est 1h30 du mat', tout va bien !

Les K, H, W, C, A, D sont déjà sur le lieu du crime, à siffler de la manzanita tranquillou pour se remettre des émotions du périple...et ma parole, à voir la gueule de la bouteille, ils ont été sacrément bouleversés ! A moins que ce ne soit la séance de karaoké dans la caisse de C qui a desséché le gosier de ces gais oiseaux là !

Tuttut...2h15 DU mat', voici C&C, tous de joie et de gaieté ! Le tandem descendu de la bagnole, on peut enfin aller se coucher...trop pas, y a mieux à faire : compulser les albums de photos de mariage que nous offrent C&C...allez la compagnie, venez vous "plaisirer les yeux" en clignant devant ces photos de bonheur...énorme boulot de nos jeunes mariés qui ont du passer un temps de ouf pour préparer ces albums !

Comment voulez-vous mal dormir après cela ? Moi, il paraît que j'ai ronflé...c'est A qui me l'a dit...mais bon, n'ayant rien entendu, j'ai quand même un petit doute, là !!!

Temps au beau fixe tout le week-end, une mer magnifique qui laisse apercevoir, au loin, l'île de Jersey. "Quand on voit Jersey, il va pleuvoir" dit le dicton...eh bien non..."que voulez-vous ma bonne dame, on ne sait plus à quoi s'en tenir avec ce temps...y a plus de dicton...heu, de saison !!"

Samedi après-midi, le plan char à voile de l'ami W démarra sur un bon tempo...manque de bol, le vent était un parti à la messe ce jour là, et en guise de char à voile nous jouâmes plutôt aux auto-pousseuses...allez, pousse pousse pousse...DSC00731

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On s'est bien marrés quand même, et on ne va pas regretter la température si douce qui n'eut pas été la même avec un vent marin bien cinglant dans les narines .

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Samedi se termina par une halte au phare de Carteret: alors, vous vous en êtes mis plein les mirettes hein ! Admirez, sous vos yeux ébahis, l'eau turquoise de la Manche, les plages de sable fin, les voiliers qui croisent au loin... "ô...c'est bô la Normandie..." ouais ouais, on sait, depuis le temps qu'on nous le dit...;-)

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L'Océan, immense et majestueux à vos pieds ! Ce n'est pas grand chose, la pointe du Cotentin...mais c'est déjà cela...OH, K ! L'océan c'est de l'autre côté ma fille !!!

Karen_David_et_Chlo_

"Emmenez-moi au bout la terre...Emmenez-moi au pays des merveilles..."

Cl_ment

Y en a même qui se sont pris à rêver qu'ils étaient au paradis...regardez les donc fermer les yeux et savourer la tiédeur du rocher, à l'abri du vent...on resterait bien là toute l'année n'est ce pas :-)

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Quand on est backé a la maison, le barbec' a pris le relais...Poulet braisé-plantain...un plat que tu savoures en pleurant de joie ! H avait tellement de larmes aux yeux qu'il ne s'est même pas aperçu qu'il avait bolé un poulet entier, ne laissant que les os luisants...Mais, à vrai dire, tout le monde a mo damé...un chef cuisto ce W !!!

Poulet

Dimanche fila plus vite, retour sur Paris oblige. Juste le temps d'un p'tit déj sympatoche sous le soleil (merci C pour les croissants !!!) quand même ! Et, preuve que les victuailles furent de qualité, la sieste au ras des pâquerettes dont Anne ne s'est pas privée ! P'tit déj-sieste, le duo gagnant de la mistinguette !

Ptit_d_j2

Anne_dort

Heureusement, il y eut de valeureux vacanciers pour relever le défi du foot des familles on the beach ! Et, ok, j'admets que Anne s'est, on se demande encore comment, bien reprise pour assurer balle au pied ! Moi, je me claque à tous les coups avec un plan pareil :-)

Ce fut donc une super session plage, avec des sourires, des rires, un lascar à la mine patibulaire et même une esquisse de valse ensablée !!

Karen_Chlo__C_line Julien

Dorine

Chico

Anne_et_Vivien

Nous nous sommes même baignés un peu dans la Manche pourtant si froide...!!

Retour à Paris dimanche aprèm pour tout le monde...tous...non ! Les W, D, L et C&C avaient décidé de jouer les prolongations jusqu'à lundi, et, franco...on aurait tous signés des deux mains sur ce coup là !!

Week-end top en tout cas boys & girls, heureux d'avoir été là...mention spéciale pour W qui a administré le trip comme un Bao !!!

Et, pour finir, un max de bises à lady C pour ce nouvel instant de bonheur qu'elle nous a offert à toutes et à tous, le meilleur du Cotentin : kisses !!!!!!!!!!!!!!!

Brochette

Brohette_2

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21 avril 2007

Ah, les Buttes Chaumont !!!

Les jambes fourmillaient hier soir, en rentrant du boulot. Avec cela, le soleil, un air léger à peine chahuté par quelques souffles de vent...il n'en faut généralement pas plus pour faire éclore que l'envie d'avaler de la route dans ma petite tête !!

Cravate et costar troqués pour le short et les runnings, me voici parti pour un trip aux Buttes Chaumont. Ce parc, je l'adore ! Ecrin verdoyant tout juste troublé par le clapotis de la cascade, des dennivellés, du plat et des faux plats en veu-tu en voilà...Et les parisiens éparpillés sur les pelouses...qui de leur sieste...qui de leurs têtes à têtes en amoureux...rêveurs, si loin de Paris...

Courir dans cette boîte magique, c'est vraiment du bonheur ! Alors au diable mes cannes qui se rebiffent de n'avoir pas galopé depuis longtemps, et tant pis si cette mon coeur n'a pas apprécié cette montée un peu raide qui l'a fait s'envoler un peu trop haut...

Après 40 min de galère, on peut enfin s'allonger dans le gazon frais et gras de ce parc si charmant...et ça, c'est le nirvana !!!

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01 octobre 2006

Le conte des noix

Le goût de la vie est fait d'infimes détails qui nous saisissent durablement, ondes plus puissantes que les plus terribles des ouragans.

Il en est ainsi de la chasse à la noix, que je veux aujourd'hui vous conter...ce jour d'octobre, mes bons amis, je m'en fus donc en terre de Bruilhois pour y gauler les noix !

Une_noix

Hé oui, certains croyaient que le Tuco ce n’était que confitures de fraises, de framboises et de mûres…et pourtant il n'en est rien: les assiettes du Bruilhois sont également garnies de tendres et douces petites noix !

La chasse aux noix, c’est un rite ancestral qui se pratique avec de bonnes vieilles fringues, des lunettes style rayban low cost destinées à feinter le soleil jovial qui vous cligne de l’œil caché derrière les feuilles des vénérables noyers. Mais, surtout, n'oubliez point de vous munir de la GAULE !!

vivien_manie_la_gaule

La gaule ? Mais oui ! Le célèbre outil inventé par nos ancêtres les « Gaul-Noix »… pardi !!

C’est une sorte de long bâton de bois vraiment génial pour aller débusquer le précieux trésor haut perché dans les noyers…Il paraît que certains s’en servent aussi comme perche pour pêcher…mais ça, c’est un autre épisode de la vie au Tuco.

Comme toute quête, la chasse à la noix requiert patience, finesse et stratégie..."tu vois, c’est comme pour la bartavelle mon petit Marcel..."

Tout d’abord, il vous faut le rabatteur. Armé de sa gaule, le rabatteur poursuit les noix dans les feuillages ! Il se livre à une véritable course-poursuite près des nuages et, quand il parvient enfin à approcher la noix furtive…bé il la gaule, hé cong !!!

ou_sont_les_noix

Mais attention fada, ne pas croire que la noix va dégrin-GAULER toute seule...tutut…

Il faut lui mettre un coup sec sur le bec si vous la voulez dans votre assiette !

La noix assommée tombe alors dans un lit de gazon placé là à dessein pour ne pas la blesser…Et, comme le dit un dicton de mon cru: "à proie délicatement prise, dégustation exquise..."

C’est là que rentre en jeu notre deuxième comparse : la Grand-mère schtroumpf, facilement reconnaissable à son bleu bonnet, équipée du Ramasse-noix !

grand_mere_aux_noix

Le Ramasse noix, le fameux, c’est un engin breveté Marthoune pour ne pas se casser la binette…enfin le dos, surtout...et débusquer la noix étourdie dans les fourrés en un coup de cuiller à pot !!

GdM_re

C'est ainsi que se remplit le "sacanoa"...aussi connu sous le nom de "sac à noix", ce grand filet où l'on range les noix fraîchement cueillies.

vivien_et_grand_mere_aux_noix

Après la cueillette viennent des heures plus ingrates. Le schtroumpf Grand-mère ôte le brou qui enveloppe la noix. On ne se lèche surtout pas les doigts pendant cet exercice là car le brou c'est schtroumphement pô bon ! C'est amer...berk ! Et, en plus, ça tâche cette affaire là !

Brou

Les noix, désormais libérées de leur gangue vertes, sont exposées sous le soleil bieinveillant des côteaux de Garonne...et les coquilles de noix sèchent, tout doucement, gagnant chaque jour un peu plus de chaleur, de saveur et de craquant...qui vous rendront très bientôt l'hiver tellement meilleur.

Coquille_de_noix 

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Et puis ça y est !!! Le sac à noix rempli comme le ventre d'un bâteau marchand, est retiré du soleil et regagne le coin de la cuisine, prêt du poëlle...là, il patiente sagement, guettant l'arrivée des premiers froids,

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Le craquement de la première allumette sera le signe qu'il attendait tant : ce soir-là, un petit garçon apparaît dans l'ombre de la cuisine et le parfum réconfortant du café se répand lentement, sous les derniers rayons de lumière qui fusent dans la grande pièce où l'on n'entend pas un mot,

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Et tandis qu'une main fébrile soutient la tasse brûlante, l'autre plonge dans le sac magique et en retire une pleine poignée de ce trésor, tout simple, légué par le feu roux de l'automne, pour être dégusté devant les flammes, rebelles, de la cheminée du Tuco...

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C'est là, mes bons amis, le secret ineffable de la chasse à la noix...

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La_morale

Sac___noix

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11 septembre 2006

Un 11 septembre sur la colline...

Hé oui, un anniversaire, un de plus !

Et pour le prix d’un, vous en avez même deux : Joyeux anniv Grand-mère, Bon anniv Vivien !!!

Que partagent les natifs du 11 septembre ?

Oh, ce n’est pas bien compliqué. Tout d’abord, il y a l’amour du bon petit gâteau. Pour Grand-mère, c’est le dôme…quant à moi, préférence oblige pour le chocolat avec nougatine qui « craquotte » sous la dent…

Assortiment

Mais de toute façon, il y a longtemps que nous sommes revenus du bon gros gâteau d’anniversaire. Ecoutez donc le conseil des gourmands : prenez plutôt un assortiment de petits gâteaux que vous coupez en 2/3 parts chacun…et en avant la dégustation, car, un anniversaire, ça se savoure !

Zavez pigé la leçon ? Zavez_compris

Si vous avez encore des doutes, prenez donc exemple sur Marthoune...

Marthoune, quel est donc votre secret: "Surtout, faut rester bien appliqué dans le geste pour maîtriser les 4 gâteaux différents dans son assiette…ça, c'est les fondamentaux...pour le reste, laisser parler le naturel...!"

Mouais...la gourmandise au sommet de son art à 79 ans !

Appliqu_e

Nous êtions presqu'au complet ce jour là, avec pas moins de 3 générations devant l'objectif ! Unbelievable, tant il est vrai que les photos sont un événement rare at Mengolo's...trois générations pour le prix d'une, c'est quand même le top les anniversaires...tiens, Mum en a perdu ses lunettes !!

La_familia

3_g_n_rations

Qu'ont encore en commun les zenfants du 11 septembre ? Mmm...sans doute les innombrables bêtises, calembours, calembredaines et sottises qu'ils sont capables de raconter...des études sérieuses tendent à prouver que l'air du Tuco a un effet euphorique sur leurs neurones...

Je vérifierai si ça se tient, mais Grand-mère était tellement en verve ce jour là qu’il a fallu employer les grands moyens pour lui couper la chique :-) J’ai bien failli me faire mordre moi !

Non_mais

Même, l’ami Ralphou "barbe blanche" a eu l’air de trouver tout ce cirque bien stupéfiant…à moins que ce ne soit l'attrait pour le dôme, le fraisier ou la nougatine…Allez Ralphou, prends donc une part de gâteau, c'est pas tous les jours le 11 septembre !!

K_kec_cecirk   Ralphou_et_son_g_teau

Mais pour Forest et Gumpy, ce 11 septembre au Tuco, c’était une grande première. Arrivés la veille à la maison, ils ont été un peu étonnés de cette frénésie de gourmandise...

les_2_tigres

Allez, portion de gâteau au lecteur assidu qui devine d’où viennent les p’tits noms de Forest et Gumpy ?? Personne n’a trouvé ? Tant pis, je mange la part de gâteau !!

Nous sommes allés chercher Forest et Gumpy hier à Layrac en revenant du…marathon du Médoc : « cours Forest, cours !! »...et voilà comment le célèbre Forest Gump s'est transformé en un duo de chatons !

En tout cas, ils se sont acclimatés plutôt rapidement au Tuco, truffé de dessous de table pour jouer…

New_cats

et de recoins pour se claquer une bonne sieste bien méritée !

Forest

Allez, après ces heures de fêtes, le Tuco reprend son train train quotidien :

Marthoune_au_jardin Marthoune bichonne le jardin merveilleux...

Pluie_de_fleurs

...Mamzelle l’abeille butine…

Une_abeille

et Vivien continue ses conneries…

Ombre

Ouaip, je ne sais pas ce que tu en penses Grand-mère...mais moi je me dis que, à ce rythme là, notre belle route du 11 septembre est encore très très longue…:-) Zip-a-dee-doo-dah...

Continuons

La_route_du_11_septembre

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09 septembre 2006

22 v'la l'Médoc !

Quand j'ai dit "oui" à JG, je ne savais pas ce que je faisais...

Je n'avais pourtant pas picolé pour un sou, et pourtant, en plein repas, à une bonne table au Quai Ouest, me voici en train de m'engager pour courir...quoi...rien, un marathon ! Le marathon du Médoc

Je n'étais pas bien fiérot en rentrant à la maison ce soir là. "Dans quoi tu t'es embarqué....hé fada !"

Enfin, le mot lâché, je n'avais pas l'intention de me dégonfler. Aussi fus-je bon pour acheter ma première paire de running et entamer une préparation à l'arrache sur 2 mois d'été.

Vendredi 08/09, veille de la course, je débarque à 22h30 en gare de Bordeaux St Jean. Mum est là pour me récupérer, et nous mettons le cap sur Carcans où j'ai loué un bungalow dans le VVF désert en plein mois de septembre.

Le bungalow est tip-top: taillé pour 8 personnes, nous sommes super à l'aise. La terrasse est sympa, et c'est un pur bonheur que de s'enquiller 300g de pastas à minuit sous les étoiles, alors que l'odeur des pins enivrante emplit l'air encore tiède, témoin d'une journée de grande chaleur. Minuit et demie, il est plus que temps de se coucher !

05h30 du mat', debout ! Un peu courte la nuit...C'est qu'il faut récupérer le dossard de course à Pauillac ce matin, avant 08h. Déjeuner englouti avec une demi-paupière levée, on décolle. Il fait encore bien noir dans les forêts de pins du coin, et ça ronfle sévère à plusieurs km à la ronde. Mais comme nous approchons de Pauillac, nous rencontrons de plus en plus de voitures, qui migrent toutes dans la même direction véritables lucioles dans cette nuit sombre. Le jour pointe, et nous sommes nombreux comme jamais.

Pauillac, à 07 du mat' un jour de médoc c'est...une véritable ville camping ! Caravanes, camping-cars, tentes, matelas à même le sol...chaque mètre carré de parterre est squatté par des dormeurs venus de toute part: les 25 de l'UE ont chacun l'eur caravane...et il y a les voisins russes, turques...Des gens venus de partout, qui s'éveillent en piaillant et riant dans ce petit village du Médoc...La scène est un peu irréelle...

En tout cas, certains gardent la tête froide...et puisqu'il n y a pas d'heure pour tirer un bon vin d'une barique, autant commencer tôt le matin !

Barique

Dossard en poche, je rejoins la ligne de départ. En terme de ligne, c'est plutôt une aie de parking ! L'avenue est comble de monde et il faut chercher longtemps pour se trouver une place au milieu de quelques aventuriers déguisés en robins des bois, d'un barbu au costume de Maya l'abeille et d'une bande d'allemands en collants à paillette ! De nombreux chars décorés s'érigent ça et là dans cette marée humaine, sur lesquels de gais lurons rient aux éclats.

D_part

D_part_2

De chaque côté de la rue, des podiums immenses supportent de jolies midinettes, affublées de costumes marins, main ferme sur la temps dans une militairement sexy...le retour des YMCA girls !

Le speaker égrène un compte à rebours...et nos sympathiques hôtesses haut-perchées débutent des mouvements de "au-revoir" qui feront longtemps dire aux coureurs qu'ils auraient mieux fait de rester tranquillement au point de départ au lieu de partir battre la campagne.

Les 2 premiers kilomètres dureront près d'1/2 heure, passée à marcher, trotter, slalomer...entre des déguisements joyeux, de faux ambulanciers portant un clown sur un brancard, des chars énormes...Dur de se frayer un chemin lorsque l'on part en lointaine position dans ce peloton de carnaval !

Char

Au kilomètre 10, je crois que je peux enfin courir à peu-près normalement. Il est temps ! Le chemin est merveilleux, au milieu des vignes de cette belle région. De temps à autre, nous traversons le parc et la cour d'un château, qui offre aux guerriers des routes quelques verres d'un bon cru...A en croire les attroupements à ces ravitaillements, le nectar est délicieux...perfide aussi, car il a fait alliance avec un soleil de plomb qui monte progressivement et ne tardera pas à faire tourner la tête de nombre de nos amateurs d’œnologie !

Chateau2

Dans les villages que nous parcourons, des ravitaillements ont été dressés par les habitants: grandes tables sur tréteaux, couvertes de gâteaux, de fruits secs, de melons et de pêche, de fromage, de charcuterie...le tout servi avec moult sourires et encouragements par des hôtes aux visages enjoués et réconfortants...ce n'est plus un marathon, c'est un parcours gastronomique au pays des merveilles !

Chateau

Les kilomètres s'égrènent. Au-détour de virages, à la traversée de ruisseaux, à l'orée de petits bois, une foule d'enfants, de parents, d'amis et d'inconnus se presse pour encourager les coureurs. Les enfants, debout sur les bas-côtés, tendent des mains amicales que je tape en signe de remerciement et de complicité à mon passage. D'autres proposent eau et aliments à des coureurs trop heureux de se rafraîchir d'un verre, et d'un sourire.

Encouragements

Ca et là, des troupes de musiciens ont improvisé un concert...les oreilles ont à peine le temps de s'habituer aux percussions d'un groupe latino que les sons électriques d'un rock fracassant les attend quelques hectomètres plus loin.

Après chaque courbe, je découvre devant moi le tracé blanc des chemins de vigne, qui fuit au loin devant moi, ondulant gaiement entre les parcelles et les collines. Et sur cette route, la cohorte bariolée des coureurs s'étend à perte de vue. Cette procession de déguisements qui galopent au gré des vignes confèrent à l'ensemble une touche féérique en enivrante...attendez-moi !!

Chemin_enchant_Chemin_de_coureurs

Au kilomètre 21, j'aperçois, devant moi, la plume d'un robin des bois que je connais bien: c'est mon boss qui se démène au loin, le père JG en personne, béret vert de robin sur la tête et arc de pacotille porté en bandoulière ! Je le rejoins et le hèle...on se marre bien tous les deux de ces retrouvailles heureuses au milieu d'une armée de 8000 disséminée au gré des vignes. Il a le visage cramé par le soleil le chef JG, mais il avance inlassablement. Après 1 km ensemble, je l'abandonne à son sort, ne soupçonnant point que la partie de plaisir vient pour moi de s'achever...

Au ravitaillement suivant, je me dis que quelques heures ont quand même passé et qu'il serait temps de prendre mes pastilles anti-crampes...la crampe, c'est mon pire ennemi...! Malheureusement, la main que je plonge dans ma petite poche secrète a beau farfouiller, nulle trace des fameux cachets !

Et c'est avec dépit que je finis par comprendre le tour de passe-passe qui s'est joué à mon insu: j'avais mis les cachets dans cette poche, désormais détrempée de sueur après plus de 2 heures de course sous le soleil...ils ont tout simplement fondu ! Honteux, je reprends la route, en me disant que j'aurais du mieux retenir la leçon du petit poucet et de ses morceaux de pains disparus...c'est pas faute de me l'être faite conter par Grand-mère...

A quoi pensaient donc les organisateurs de la course en plaçant, entre le km 23 et le km 31, ces petites collines bien casse-pattes ! Le parcours se corse davantage, et la difficulté coïncide avec le zénith du soleil, qui bastonne sans vergogne ma pauvre tête dodelinante. Malgré les jets d'eau que me prodiguent certains jardiniers, depuis leur potager, et en dépit des morceaux de melon que j'engloutis aux ravitaillements, je laisse pas mal de forces dans cette succession de petites ascensions.

Chaud

Dans une grande ligne droite, je dépasse bon nombre de participants, arrêtés sur le bas côté, épuisés par les efforts déjà consentis. Je me fais à mon tour dépasser par une jeunette brune aux jambes élancées, et je ne peux m'empêcher d'admirer cette foulée gracieuse et souple que ne paraissent pas avoir perturbé les accidents du terrain rencontrés jusqu'alors. Sans prévenir, la belle stoppe net, se retourne et presse un jeune homme en galère quelques mètres derrière moi...pauvre Roméo, malmené par sa Juliette !!!

Mes jambes sont encore bonnes lorsque je sors de cette portion et je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire confiant alors que je franchis le panneau du mythique km 30...celui qui cache "le mur" que racontent nombre de récits de valeureux marathoniens.

Km 31...tout va bien...Km 32...rien ne va plus !! Ca y est, les crampes m'ont rattrapé. Mon quadriceps gauche a cédé le premier. A chaque foulée, il reste contracté au lieu de se détendre lorsque je ramène la jambe gauche. Je poursuis tant bien que mal, comptant les mètres avant que mon quadriceps droit ne cède à son tour.

Le chemin de croix vient de commencer pour moi, il reste moins de 10 km, qui me paraîtront une éternité, et que je mettrai plus d'1 heure et demie à parcourir. Désormais, je m'arrête à tous les ravitaillements pour chercher avec frénésie du sel, de l'eau et prendre le temps de m'étirer. Je repars à chaque fois sans peine, mais les nœuds qui contractent mes cannes se re-nouent après quelques dizaines de mètres.

C'est déconfit que je vois de nombreux participants me dépasser en marchant, tant ma foulée est devenue lente et hachée. Mais je ne suis pas le seul à avoir ainsi explosé en plein vol...la brune aux jambes souples est complètement à l'arrêt au pied d'une fontaine. Elle et son Roméo se plient en étirements le visage grimaçant...

Au km 41, point de ravitaillement en melon. A défaut, il est possible de s'arrêter engloutir une entrecôte au barbecue ! J'avoue que je meurs de faim et cela fait quelques minutes déjà que je rêve d'un plat de pâtes bien garni ! Je boude cependant l'entrecôte mais embarque une glace au chocolat, dévorée en une poignée de secondes !

Entrec_te

Devant moi, les platanes se rangent à présent en une allée majestueuse, et le village de Pauillac apparaît enfin. Est-ce la vision des maisons, la réalité du dernier km, la foule de plus en plus dense qui crie ses encouragements...je ne sais pas...toujours est-il que mes crampes se font moins tenaces et je peux de nouveau relever la tête et enchaîner quelques foulées plus véloces.

Dernier virage à gauche...je débouche sur la grande avenue quittée ce matin et aperçois le tapis rouge qui conduit au portique d'arrivée. Cet avenant chemin de félicité sera le dernier piège placé sous mes jambes fatiguées. Je butte dans une pierre cachée sous le tapis et manque de chuter à quelques mètres de l'arrivée...Heureusement, je parviens à redresser et...à franchir la balise ultime qui marque la fin de ce 22ème Marathon du Médoc...Et le chrono d'indiquer: 04h31 !!

Arriv_e

Ouf, retour au bercail...c'en est fini cette fois-ci des pêtages de plomb...Dieu que ce fut rude ! On ne m'y reprendra plus, promis !!

Cela dit, après une bonne nuit de sommeil au Tuco, je me suis pris à penser que finalement, c'était bien bon tout ça !! Que de souvenirs !

Certes, mais pieds ont un peu trinqué dans l'histoire...mais pas trop quand même:

N__7706

A bien y réfléchir, je me suis vraiment bien marré, et j'ai tellement appris en ces quelques heures de cuisson sous le soleil, que, finalement, je suis trop content de m'être embarqué dans ce 22ème marathon du Médoc !

Put_your_hands_up

Zzz

Alors, c'est un immense MERCI que je dis à l'ami JG de m'avoir entraîné dans cette aventure ! Et un grand coup de chapeau pour sa perf en 04h35 !!

J'espère que le trip vous aura séduit vous aussi...si c'est le cas, just tell me et on remettra cela ensemble !!

@ bientôt les coureurs !!

Kic_cuila

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31 octobre 2005

"Le Sidobre attend ! Vous, qui point ne l'avez vu..."

Vamos a...la montaña !!

Au départ, ce week-end du 1er novembre devait prendre des accents espagnols. Après avoir un instant penché pour Barcelone, mon prof "que se llama Alvaro y que es Columbiano" m'a convaincu d'aller faire un tour à San-Sebastian, au pays Basque espagnol.
Oui mais voilà, San Sebastien est à 3h30 de route depuis Agen et l'aller-retour dans la journée c'est un peu fort de café ! L'Espagne repassera une autre fois !

A la place, pourquoi n'irions nous pas, Anne et moi, rendre une petite visite à Sandy & Rémi dans leur nouvel appartement tout neuf en plein coeur de Toulouse...on pourrait en profiter pour aller faire une excursion dans les Pyrénées...eh bien non, sur les conseils avisés de Grand-mère, nous ferons finalement, Anne, Sandy, Rémi et votre serviteur, une randonnée dans le Sidobre !!

Le Sidobre, KésaKo ??
Il y a 300 millions d’années, un magma liquide de roches en fusion était enfoui à plusieurs dizaines de km de profondeur sous une énorme montagne (chaine Hercynienne) dont il ne subsiste que le Massif Central incluant la Montagne Noire et le Sidobre. Cette montagne a été usée par l’érosion. Il y a 285 millions d’année, sous terre, le magma, s’est refroidi pour donner une roche cristalline composée de 3 minéraux, le mica, le quartz, le feldspath. Aujourd’hui pour simplifier on peut dire que le Sidobre est un bloc de granit de 10 km de long, 10 km de large, 10 km de profondeur dont la surface est fissurée par l’érosion, mais en profondeur la roche est massive.
Il se trouve à 1h30 à l'Est de Toulouse, dans le Tarn et près de Castres.

Ce lundi 31/10/05, sous la grisaille, nous quittons donc Castres dans la p'tite voiture de l'ami Rémi. Nous arrivons rapidement aux pieds d'un massif élevé, peu accidenté, recouvert de forêts de conifères et de caduques.
Sans crier gare, la route entame de tortueux lacets, paraîssant vouloir désarçonner les voyageurs imprudents. Certes, ce massif ne possède pas les dents pointues des chaînes Pyrénéennes, mais ses virages relevés, ses épingles à cheveux, feraient assurément baisser bas les braquets aux cyclistes les plus avertis !

Le Saut de la Truite

Comme nous montons, pas âme qui vive...pas même une cabane de chasseur.
La forêt, déjà fort rouillée par la pluie d'automne, enserre la route d'un écrin de silence. Nous montons toujours, dans l'attente d'un signe qui ne semble jamais devoir venir.
Soudain, au détour d'un virage, surgit enfin une indication: "ci-après, le Saut de la Truite" clame un petit panneau placé par on ne sait qui...le Malin des lieux, sans l'ombre d'un doute...

1,5 Km plus loin, après avoir abandonné l'auto sur un parking sommairement aménagé en pleine forêt, nous découvrons des échelons qui s'élèvent entre les arbres...et quelques dizaines de mètres plus haut, émergeant d'un tourbillon d'arbres verts et ocre, la Truite !

Mais laissons la parole à notre experte es-poissons, qui va nous expliquer un peu mieux ce dont il s'agit là...

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A cet endroit, l'eau s'élance d'un massif de blocs granitiques qui descend à pic. Lorsque il a dessiné le plongeon de l'onde bleu, le grand artisan des lieux semble avoir été inspiré par ce farouche poisson des torrents, dont les reflets arc-en ciels font se pâmer les pêcheurs en culotte courte et ôtent la voix à ceux qui n'en sont plus à leur premier goujon !
Le résultat est tellement saisissant que je reste longtemps scotché devant le tableau !!

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Qui a mis le pied là où y faut pas ???

Après cette étape contemplative, nous retournons à la voiture et reprenons notre ascension...pas pour longtemps ! L'agréable odeur de quelqu'un qui a mis son pied dans un petit souvenir laissé par un brave Toutou emplit bien vite l'habitacle.
Anne est la première à s'en apercevoir...normal, s'est aussi elle qui "y a mis la patte", comme dit si bien la chanson !

La route qui mène vers le petit village de Lacrouzette est escarpée, délaissée de toute habitation. Au détour d'un virage, nous entrevoyons bien quelques maisons un peu plus haut...certainement un hameau.
Au-dessous de celles-ci apparaît une décharge publique réservée aux blocs de granits. Elle semble recouvrir la montagne d'un voile uni, couleur de chaux. Des pierres, abandonnées en ce lieu solitaire, émane une lumière blafarde, laiteuse, comme d'un miroir usé, posé à même le sol, reflètant ce ciel de nuages et d'écume qui nous surplombe depuis de longues heures déjà.

Au détour d'un ultime tournant apparaît le village de Lacrouzette, replié sur le flanc de la montagne. Je n'aurais pas imaginé un village de cette taille dans ce coin apparement oublié des Cieux. Et pourtant...

Entrée au centre-ville, freinage au frein à main (c'est pas moi, c'est Rémi !!), coup d'oeil au panneau d'information, nous voici repartis. Direction: le Peyro Clabado !

Le Peyro clabado...le quoi ?!

Le PEYRO CLABADO est un bon vieux rocher, en granit comme tout le massif du Sidobre. Il pèse 780 tonnes et tient en équilibre sur une autre pierre, que l'on nomme la Clef...de voûte !
La jonction de ces deux rocs mesure un mètre carré et l'ensemble est situé sur le Pic des Fourches à 1 km de Lacrouzette.
Si vous êtes téméraires, glissez-vous donc sous le caillou gigantesque...et admirez les "marmites" ( les marmites sont des cavités creusées par l'érosion, avec l'aide de graviers et de galets, dans une roche assez compacte pour s'user sans s'émietter).
Nos ancêtres le nommaient le "Roc des Pattes" à cause de ces " marmites". Ils croyaient dans le temps à ces prétendus restes préhistoriques: traces de pas de mammouths, de boeufs et d'êtres humains.

Mais comment ce gigantesque rocher s'est-il retrouvé perché sur son copain, ridiculement petit ?

Explication de Rémix:

"En ce lieu autrefois, il y avait un village
en lequel vivait un vieil homme avisé;
connaissant le secret d'un antique breuvage;
qui décuplait les forces de quiconque en buvait..."

Et c'est ainsi l'Homo Rémus Rémix Sapiens,
parent éloigné de notre Rémi à nous,
de son seul petit doigt, jeta là ce caillou...
Le Roi, pour ce haut fait, l'aurait donc nommé Prince !!

Vous ne croyez pas Rémix ? Voyez donc la photo, que vous faut-il encore ?!

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Ok, j'avoue que l'épisode "d'Astérix et Cléopâtre", que nous avons regardé la veille au soir (pour la 1001ème fois en ce qui me concerne, mais quand on aime on ne compte pas !) a laissé quelques traces...

Après l'admiration de ce pittoresque caillou, nous ne manquâmes pas de grimper jusqu'à la table d'orientation qui se trouve un peu plus haut. De Madrid, Barcelone ou même Bordeaux, nous n'aperçûmes absolument rien tant la couverture nuageuse était dense.
Qu'importe, l'esprit aventureux n'a nul besoin du secours des yeux pour se projeter dans des contrées merveilleuses...et des esprits épris de voyages, il y en avait quatre autour de cette ronde table, murmurant le nom de tant de capitales fabuleuses, rêvant les yeux grands ouverts de trésors ineffables...

Le fromage qui fit déborder le vase !

De retour à la voiture, nous décidâmes de faire un saut 3 km plus loin, jeter un oeil au "Roc de l'Oie". Mais Anne insista surtout pour que nous nous arrêtions devant la pierre dite des "Trois fromages"...forcément !

Une légende raconte que la plus belle oie d'un troupeau, était tombé amoureuse du plus beau jars d'un autre troupeau. De leur union naquit un oeuf. Chaque nuit, l'oie s'échappait de sa basse cour pour aller couver dans un nid de bruyère le fruit de ses amours. Mais le propriétaire de l'oie, qui était un enchanteur, la surprit. Il l'autorisa néanmoins à aller couver chaque nuit son oeuf, à la condition de rentrer dès l'aube, sinon, il lui arriverait malheur. L'oie put ainsi continuer de s'occuper de sa progéniture. Mais une nuit, elle s'endormit et aux premiers rayons de soleil, fut transformé en rocs de granit. Depuis, l'oie attend qu'un bon enchanteur lui redonne la vie...

L'Oie est bien là, sagement assise au bout d'un petit chemin. Le cou tendu, elle pose sur ses visiteurs un regard doux comme un duvet...bel oiseau, assurément !!

Après une nouvelle séquence photo, nous partirent à la recherche des "Trois fromages". Devant nous, un petit chemin descendait à travers la forêt. Le sol, jonché de glands et de feuilles humides, glissait comme un pavé recouvert de verglas. 
Plus nous avancions, plus la forêt s'épaississait.
Toujours, nous descendions, jamais ce sentier  ne semblait devoir  cesser:

Ronchonnements fréquents de votre serviteur,
Rémi, fou affamé, ne desserre plus les dents;
Anne, pour son fromage, avance avec ardeur;
Seule Sandy semble aller, le coeur chantonnant !

Ah ! les voici, ces "Trois Fromages"...

Trois pierres colossales, l'une sur l'autre...et puis...rien d'autre !

"Caramba", quelle déception !!!

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Parvenue ici bas en une fosse d'enfer,
n'y trouvant que trois pierres, posées par un Coquin,
la troupe remonta, les visages peu fiers,
sous les rires moqueurs de l'habile Malin.

Après ce fiasco qui nous coûta nos dernières forces, les supplices de la faim finirent par tous nous tourmenter. Rémi, victime d'une crise stomacale aiguë, proposa fort opportunément d'aller savourer quelques sandwichs sur les rives d'un petit lac...approuvé, à l'unanimité !!

Le Lac du Merle

"Poursuit ton chemin, voyageur, atteint la Montagne Noire et, harassé, savoure le repos sur les bords du Lac du Merle..."

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J'ai souvent fréquenté des lacs de campagne. Toujours, leur masque liquide est ridé par le plongeon d'une grenouille, le ballet des mouches d'eau, le saut d'une carpe ou les ricochets du caillou que jette la main d'un enfant.

Mais au Lac du Merle, l'onde demeure d'un calme saisissant. Point de mouvement de vague, aucun clapottis ondulant sur les bords...L'eau, impassible, semble étrangère aux tumultes qui secouent régulièrement nos existences: la cuvette, façonnée dans le granit, a cessé il y a fort longtemps, de subir les agitations frénétiques de la vie.

Le Merle dort à présent, dans un coufin de silence. Tout comme ces géants d'antan que nous voyons, allongés au fond de l'eau, dont seuls les ventres rebondis émergent ça et là, grosses pierres rondes rompant l'uniformité de la surface.

En ce jour de grisaille, l'eau reflète fidèlement la couleur des nuages bas qui nous dominent obstinément.  Et, parce que le Merle est en harmonie avec le Monde, les roches de granit affleurant à sa surface semblent avoir, elles-aussi, emprunté un peu du gris du ciel.

A n'en point douter, le lieu présente un tout autre visage quand revient le printemps, lorsque le ciel, bleu bonheur, promène son insousciance au-dessus de nos têtes.
Les roches, que nous voyons si pâles aujourd'hui, se métamorphosent alors en pépites d'azur, en diamant étincelants au-dessus des flots. Toutes les grenouilles de la région viennent célébrer en ce lieu la renaissance de l'espoir, produisant leurs meilleurs plongeons tandis que passent en un éclair des vols de moineaux, ivres de joies.

Mais en ce début de novembre, l'heure est à l'apaisement des sens, avant le sommeil hivernal.

Aussi, c'est en cette chapelle d'éternité que nous déjeunâmes lentement.

Savourant le calme du lieu, nous délectant de sa douceur, nous trouvâmes chacun, sur les rives du Merle, un souffle agréable à nos âmes, un voile de caresses sur nos plaies, et, surtout, tellement de secours pour nos estomacs...et ce n'est pas Rémi qui, là-dessus, portera la contradiction !!

Fuite et Fin...

Le calme que nous accorda la Merle, la pluie nous le reprit bien vite.
A peine, en voiture, l'orage pointait déjà. Contraint de battre en retraite devant l'ennemi venu des nuages, nous entreprîmes de redescendre vers Castres puis Toulouse.

Le déluge nous suivit tout au long du chemin,
emplit en un instant caniveaux et ornières,
rappelant lui aussi à ces hommes un peu fier,
la puissance du Ciel, la force du destin,

Qui fit, pour nos yeux, le Sidobre majestueux,
relâchat, généreux, la Truite en ce berceau,
déposat sur son socle le Peyro Clabado,
et versa tant de larmes au Merle silencieux.

Compagnons de voyage, voici l'heure venue,
De fermer à présent, le livre d'une aventure,
qui restera à jamais une leçon de Nature.
Le Sidobre attend ! Vous, qui point ne l'avez vu...

Posté par vivien47 à 19:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]